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Certaines complications dues au SAOS sont présentes, immanquablement: il s'agit en premier lieu de la fatigue et de la somnolence diurne. D'autres sont très fréquentes, comme les maux de tête ou les perturbations végétatives et l'impuissance.
| La fatigue durant la journée |
On a parlé, au sujet des apnéiques, d'un syndrome thymasthétique. Il s'agit d'un ensemble de symptômes retrouvées fréquemment chez les malades chroniques: absence d'énergie le matin, absence d'envie, absence d'allant. Le patient atteint d'un tel symptôme n'est pas forcément triste, il n'a plus aucun plaisir à commencer une nouvelle journée. On ne peut pas parler de dépression au sens où il n'y a pas de culpabilité, de regrets ou d'auto-accusation. Cependant, le comportement du patient apnéique ressemble à celui du déprimé. Ralentissement psychomoteur, difficulté à prendre du plaisir, baisse de la réactivité sont les symptômes communs de la dépression et du SAOS.
L'hypoxémie nocturne due à la survenue répétitive des apnées entraînent une importante fragmentation du sommeil elle-même à l'origine de profonds troubles de la vigilance diurne. Apparaissent des troubles de l'attention et de la mémoire, une irritabilité, avec une détérioration des rapports familiaux et professionnels.
Au plan social, les conséquences les plus graves de cette hypersomnolence diurne restent la survenue d'endormissements au volant produisant des accidents de la circulation. Aujourd'hui, les pathologies du sommeil et les troubles de la vigilance sont inscrites parmi les affections susceptibles de donner lieu à la délivrance d'un permis de conduire de durée de validité limitée (Journal Officiel du 29 Mai 1997/Classe IV: 4.9).
| Les maux de tête ou "céphalées" |
Plus de 20% des malades porteurs du SAOS se plaignent d'un mal de tête au réveil ou pendant la nuit. Le mécanisme évoqué le plus souvent pour expliquer les céphalées liées au SAOS est l'asphyxie nocturne, qui entraîne une dilatation des vaisseaux et une hypertension intracrânienne relative. L'accumulation de CO2 pendant les apnées, les mouvements répétés et excessifs du cou après chaque apnée, et la privation chronique de sommeil contribuent aussi à provoquer un sévère mal de tête.
Dès le début du traitement, les céphalées disparaissent, elles sont donc directement en rapport avec la maladie.
| Les complications cardio vasculaires sont nombreuses |
Effets immédiats
Il est habituel d'observer un ralentissement de la fréquence cardiaque (bradycardie) pendant l'apnée et son accélération durant la reprise respiratoire. Ces bradycardies sont d'autant plus sévères que la durée de l'apnée est longue et que la désaturation est profonde. A côté des modifications du rythme sinusal, d'autres troubles du rythme et de la conduction ont été décrits: asystolies, blocs auriculo-ventriculaires, salves de tachycardie auriculaires ou ventriculaires. C'est à ces troubles du rythme qu'on attribue la possibilité de mort subite au cours du sommeil.
Retentissements à long terme
SAOS et infarctus du myocarde
En Australie, le sommeil d'un groupe d'hommes ayant récemment présenté un infarctus du myocarde inaugurant leur insuffisance coronaire (rétrecissement du myocarde et les artères coronaires, par des plaques d'athérome constituées le plus souvent de dépôts de cholestérol) a été comparé à celui d'un groupe de sujet aux coronaires saines. Le résultat est impressionnant. Présenter plus de 5 apnées par heure de sommeil multiplie par 23 le risque de développer un infarctus du myocarde.
Le SAOS est probablement aussi probablement un facteur de risque de développer d'autres pathologies cardio-vasculaire comme l'angine de poitrine, l'hypertension artérielle. Mais les résultats des études épidémiologiques sont moins significatifs et il ne faut pas omettre qu'il n'agit que comme cofacteur de tous les indicateurs aujourd'hui bien identifiés (obésité, tabagisme, hypercholestérolémie...).
| Les accidents vasculaires cérébraux |
Comparativement à d'autres facteurs de risque comparables, le patient apnéique a 2,38 fois plus de risques de présenter un accident vasculaire cérébral qu'un patient non apnéique. Inversement, dans une population de patients qui ont eu un accident vasculaire cérébral, on trouve jusqu'à 72% de patients souffrant d'un SAOS. Parmi eux, 30 % ont un index d'apnées très élevé, de plus de quarante par heure.
| Les troubles intellectuels |
La privation de sommeil entraîne des troubles intellectuels plus ou moins réversibles. Lorsque, à la privation du sommeil, s'ajoute une chute en oxygène dans le sang, comme elle existe dans le SAOS, les perturbations cognitives sont plus marquées et persistantes. S'installent alors une baisse de l'attention, de la vigilance et un ralentissement global des performances. La mémoire, la concentration, la rapidité d'exécution des tâches sont très atteintes, et elles le sont beaucoup plus que ne l'expliquerait la seule somnolence.
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